Passée la déception de ne pas voir arriver Christelle à La Paz, je poursuis mon voyage en direction de Sucre, la capitale de la Bolivie. Je prends un bus de nuit pour 13h de voyage. Entre nous, les bus de la Bolivie ne valent de loin pas ceux du Pérou !
Contrairement à ce que beaucoup de francophones pensent, la ville ne doit pas son nom au sucre mais à un maréchal vénézuélien. La ville devient la capitale de la Bolivie en 1825. Elle est rebaptisée en l’honneur du maréchal Antonio José de Sucre, camarade d’armes du libérateur Simón Bolívar pour l’indépendance de la Bolivie, de la Colombie, de l’Équateur, du Pérou et du Venezuela. Perdant sa principale ressource après le déclin économique de Potosí, elle voit le siège du gouvernement bolivien transféré à La Paz à la suite d’une guerre civile perdue par les « conservateurs » sucrenses face aux « libéraux » paceños. Elle est la capitale constitutionnelle de la Bolivie et abrite le siège de la Cour suprême. Voilà pour la partie historique !
Il ne fait pas super beau les deux jours que je passe à Sucre comme vous pouvez en juger par les photos et assez froid ! Je profite quand même pour faire un tour de ville.
Signature du pacte d’indépendance

Je vais au marché central pour un déjeuner plus que typique. Jus blanc : tojori à base de maïs et le rouge : api également à base de maïs mais maïs rouge. Avec une espèce de merveille au fromage..

Je continue ma visite dans les ruelles de la ville de Sucre jusqu’à un mirador


Je visite aussi la casa de la libertad (maison de la liberté) où a été signé la déclaration d’indépendance de la Bolivie.
J’ai la chance d’arriver à Sucre pour la fête de la vierge de Guadalupe ! Pendant deux jours c’est des défilés de groupes de danseurs (école, club de danse, etc…) au son de différentes fanfares et musiques ! 5km de défilé, des costumes pesant parfois jusqu’à 10 kilos et ça danse non-stop ! Aïe ça me démange trop d’en « royer » une ! 🙂
On recrute tôt en Bolivie 🙂 !

Il y a plus de 50 groupes, le défilé arrive au centre ville en milieu d’après-midi pour se terminer entre 2h et 3h du matin ! À l’image du carnaval chez nous mais en plus grand ! Pour les vieux de Coss aux tambours, voilà de supers idées de costumes. Pleins d’autres modèles sous l’onglet photos. Hop Nadine au boulot 🙂
Avec écris les vieux de Cossonay ça pourrait en jeter, hein ?!?










Après deux jours passés à Sucre, je reprends un bus direction Potosi, la ville minière !
Au milieu des guerres civiles du début de l’époque coloniale eut lieu un des évènements les plus importants de toute l’histoire de la Bolivie: la découverte des gisements d’argent du Cerro Rico (Montagne riche).
Le Cerro Rico est un lieu sacré pour les populations de la région. À son sommet ont lieu des sacrifices en l’honneur du dieu Pachamama.
Le découvreur officiel fut un indien yanacota (mi-esclave) Diego Huallpa qui avait servit l’Inca Huayna Capac.
En janvier 1545, en compagnie de 4 soldats espagnols il fut envoyé au cerro Rico, où il découvrit accidentellement la veine d’argent.
On raconte qu’au moment de camper au pied de la montagne il fit un feu, le lendemain en se réveillant il vit à travers les braises du feu mourant, de l’argent fondu. La montagne était tellement riche que l’argent se trouvait sur le sol même.
Les soldats espagnols ne le crurent pas. Huallpa exploita une partie de la montagne à son compte, mais il en parlât à un ami, Huanca. Celui-ci était yanacota de Diego de Villaroel, majordome dans l’encomienda de Estupiñan. Villaroel, profitant de l’absence d’Estupiñan et avisé par Huanca, s’en fut à la montagne et l’enregistra à son nom.
La nouvelle parcouru tout le Pérou et de partout les gens affluèrent pour exploiter les fabuleuses richesses de la récente découverte. Immédiatement s’établirent des campements et des maisons autour de la montagne. Potosi ne se fonda pas comme les autres villes du haut Pérou, avec un acte et un tracé régulier, elle naquit du désordre des maisons des mineurs qui accoururent à la montagne.
Les indiens protestèrent face à l’exploitation de richesses que ne put toucher Huayna Capac et leur livrèrent bataille. Chaqui Catari, cacique à la tête de ses troupes fut vaincu par les espagnols.
Depuis 1546 les constructions s’intensifièrent bien que de forme désordonnée, donnant lieu à des rues serpentantes et inégales. Charles Quint concéda le titre de fondateur de la ville à Juan de Villaroel et la nouvelle ville reçu un écusson en 1546.
Dès lors les premières églises furent érigées. Potosi fut l’oeuvre de la fièvre de richesse des conquistadores qui construisirent leurs maisons précipitamment, obnubilés pas l’exploitation de la montagne. La vraie fondation et planification de la ville fut faite en 1572, sous le vice roi de Tolède.
À l’heure actuelle des mines sont toujours en exploitation. J’ai trouvé une agence (Big deal tours) qui propose des visites à l’intérieur des mines actives. Une partie du revenu est versée directement aux familles de mineurs et le tour se fait aussi avec des guides mineurs.

Le tour commence par le marché où on nous explique de quoi a besoin un mineur pour sa journée dans la mine. Des feuilles de coca (qu’ils ont dans leur bouche à longeur de journée). On les voit avec de grosses boules sur le côté de la joue, à croire qu’ils ont des malformations ! De la poudre de farine de maïs mélangée à un peu de sucre et des jus de fruits pour se rafraîchir. Pour résister au travail des mines, il faut avoir une bonne hygiène alimentaire, ce qui ne les empâchent pas chaque vendredi de boire de l’alcool, et pas n’importe lequel, de l’alcool à 96 % !!! Pour avoir trempé mes lèvres je peux dire que ça fouette méchament !!



Il lui faut bien sûr aussi de la dynamite ainsi que du nitrate d’amonium que tu trouves en parfaite vente libre dans le marché…Nous faisons quelques achats afin de donner ces présents tout au long de notre visite. J’achète aussi 3 carnets et 3 stylos pour les enfants des mineurs qui, souvent, ont perdu leur papa.
Sur le chemin pour aller nous équiper, on rencontre plusieurs laboratoires où sont estimées la valeur et qualité des métaux extrait de la mine. Ces mines exploitent principalement du zinc, de l’étain, du plomb et de l’argent.

On arrive dans un local pour s’équiper avant d’aller visiter l’endroit où les métaux sont lavés et extraits à l’aide de procédés chimiques tous plus douteux les uns que les autres. Vous vous apercevrez vite qu’on n’est pas aux normes de sécurités n’y à la pointe de la technologie. Mon dieu que tout est vieillot, dangereux pour la santé et je ne vous parle pas de l’intérieur des mines. J’ai quand même eu un peu les chochottes. On est à plus de 4000m à l’intérieur de tunnels plus scabreux les uns que les autres, sans parler de ce que l’on respire ! Évidemment principale cause de mortalité des mineurs, les problèmes de maladie des poumons !
Les mineurs nous disent que c’est faux de croire que tous les mineurs sont pauvres. Tu peux te faire le double du salaire moyen de la Bolivie. Et ils aiment leur job. Avant c’était une obligation de père en fils mais à l’heure actuelle c’est un choix personnel.
Les mines sont organisées sous forme de coopérative et sont privées. Il y a pas mal de problème avec le gouvernement. D’un côté quand on voit la vétusteté des installations, je peux comprendre que le gouvernement n’aie pas envie d’encourager ce genre d’activité.
Tout les métaux sont exportés à partir du Chili (la Bolivie n’ayant plus d’accès à la mer suite à la perte du littoral après une guerre contre le Chili).






À l’entrée de la mine et c’est parti mon kiki ! Les premiers pas sont difficiles et j’ai de la peine à respirer, puis on s’habitue. On a droit à l’écoute d’une détonation à environ 60-70m de nous, c’est vraiment impressionnant ! Ensuite on voit deux mineurs s’activer au marteau-piqueur. On avale pas mal de particules de poussières je stress un peu mais tout se passe bien !





Petite pause et explications de Beto notre guide du jour.


Nous arrivons ensuite dans une cavité où se trouve le dieu de la mine. Dans chaque mine vous en trouverez un. Chaque vendredi les mineurs viennent y déposer des offrandes et boire un coup pour remercier le dieu de la mine de les avoir protégés et permis de découvrir de bons filons.


Retour à l’air libre j’en profite pour donner un carnet et stylo à une petite fille qui s’approche timidement



Je ne regrette vraiment pas cette visite qui fût une expérience incroyable. J’ai beaucoup de respect pour ces hommes qui partent chaque jour à la mine (oui car pas de femmes, Pachamama mère nature serait jalouse et provoquerait des malheurs aux mineurs !).
Je continue ma visite de Potosi dans les différents quartiers de la ville et ses nombreuses églises



Je me rends ensuite au couvent Santa Teresa. À l’époque les jeunes filles de 15 ans faisaient leur entrée dans le couvent pour ne jamais en ressortir. Vie dédiée à l’adoration de Jésus, à des autos-flagellations et tout ça en silence, svp ! Ce n’est qu’à partir de 1962 que l’église catholique a allégé certaines règles !!
Il y avait 20 places pour manger car une des religieuses se mettait sur une estrade dans le réfectoire pour faire la lecture, car bien évidemment on mangeait aussi en silence !
La fosse pour les corps était également à l’intérieur du couvent car dit plus haut, tu entres mais tu n’en ressort jamais !
Le pire c’est que c’était un honneur pour les familles, il y avait 21 places et les gens attendaient le décès de l’une des religieuses afin d’y faire rentrer leur fille. Le prix d’entrée (ben oui fallait payer pour s’auto-flageller faut quand même pas déconner) correspondait à environ USD 100’000.- de nos jours. Ce n’était donc que des familles de la haute société qui pouvait se le permettre ! (Avantage d’être pauvre à cette époque peut-être :-))
Elles pouvaient recevoir de la visite de leur famille une fois par mois mais qu’a travers d’un rideau sombre et sans aucun contact physique. Également pour recevoir de petit présents, cela se faisait à l’aide d’une cuillère en bois avec un long manche pour éviter les contacts !




Au final 2 heures de visites fort intéressantes !
Le lendemain je pars visiter l’hôtel de la monnaie devenu musée. Potosi à l’époque, de par ses mines, était connue dans le monde entier. L’état espagnol y frappait sa monnaie.

La construction du premier hôtel de la monnaie a débuté en 1572 pour s’achever en 1575 sur la place principale (place du 10 novembre). L’ordre du roi Charles III s’est imposé sur la construction du deuxième bâtiment pour la fabrication des pièces. L’architecte Salvador de Villa arriva de Zaragoza pour construire le second Hôtel de la monnaie. La construction dura 14 ans, de 1759 à 1773.
L’énorme bâtiment fût inauguré le 31 juillet 1773. Selon les documents d’archive, le coût de la construction s’éleva à 1’148’452 pesos et 6 réales, lesquels équivalent à une dizaine de millions de dollars actuels.
L’édifice s’étend sur 7’570 m2 dont près de 15’000 m2 de bâti. Il s’organise autour de cinq cours et de deux cent salles. Son architecture baroque est perceptible à tout point de vue. Le portail, les toitures, les balcons de la première cour, les murs épais de pierres taillées et des pierres galets qui jouent avec la brique, style caractéristique de la Vieille Castille, lui donnent l’apparence d’une forteresse.
Du XVIème au XIXème siècle, l’Hôtel de la monnaie a frappé la monnaie pour l’Espagne (1773 – 1825) puis au XIXème siècle, les monnaies des Provinces Unies du Rio de la Plata (Argentine 1813 et 1815) et de la Bolivie jusqu’en 1951.









Demain je pars en direction de Tupiza où Yvana doit me rejoindre le 23 septembre. De là nous partirons en direction du Sud Lopez et du Salar d’Uyuni puis au Chili.
À tout bientôt pour la suite de mes découvertes !
Gros becs à tous





Hello ma belle
Merci de me faire rêver à travers tes récits !
Profites un Max de toutes ces magnifiques découvertes !
Remplis ton Coeur de souvenirs !
Gros bisous
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Une fois de plus, un beau récit qui nous aide à rester humble et qui nous remet les pieds sur terre 🌏
Que l’aventure continue….on ne bouge pas et on t’attend ! 😉
Bisous
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Coucou ma belle tu nous fais encore rêver et surtout que de belles découvertes.Merci encore de prendre le temps malgré ta fatigue de nous écrire tout ce que tu vois. Chez nous tout doucement l’automne s’installe mais tout va bien.Gros bisous et à bientôt Michelle Ruffieux 15, rue H-F-Amiel 1203 Genève michelle.ruffieux@bluewin.ch 079/768.43.25 ou 022/345.43.92
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