Medellin – Guatapé

Il y a tant de chose à dire sur Medellin que je ne sais pas par où commencer !

Medellin est bien évidemment toujours associée au plus célèbre des narco-trafiquants : Pablo Escobar. Ici c’est un peu celui dont on ne doit pas prononcer le nom 🙂

J’ai donc entrepris un tour lui étant dédié pour en apprendre un peu plus (oui désolée, je ne suis pas la série Narco)
Les Colombiens n’aiment pas parler de cette époque, ni des FARC, ni de la drogue, ni des idées de gauche d’ailleurs. Ce sont des sujets assez tabous, du moins envers les étrangers.
Notre guide nous disait que cette période n’était pas abordée en classe. 

Escobar, c’est le souvenir d’une époque parmi les plus violentes de l’histoire du pays. De 1988 jusqu’à sa mort en 1993, la violence s’abattait sur les grandes villes du pays, et notamment à Medellin.

A un moment, plus de 50 habitants mouraient tous les jours. En 1992, plus de 27 000 habitants moururent de mort violente.

Notre guide se rappelle bien cette époque. Il se souvient des images de violences à la télévision, et surtout de ce climat pesant et mortifère. S’il avait du retard, ses parents s’inquiétaient systématiquement. Les attentats étaient quotidiens, entre cartels, paramilitaires et guérilla.

Escobar possédait plus de 500 maisons à Medellin. Elles sont toutes à l’abandon et propriété de l’Etat. Ce dernier refusant d’en faire usage (personnellement je trouve cela un peu stupide)


Le cartel de Medellin contrôlait alors 80% du commerce mondial de cocaïne. Le retour sur investissement était égal à 20 000% ! Un des comptables du patron a déclaré que le cartel perdait 10% des dollars stockés dans les entrepôts à cause des rats qui grignotaient les billets…

Pablo Escobar fût localisé dans une maison simple d’un quartier des classes moyennes de la ville. Son dernier et fidèle garde du corps tomba sous les balles durant l’assaut. Son patron suivit en essayant de s’échapper sur le toit.


Il faut savoir qu’à son enterrement, il y avait foule. Pablo Escobar avait eu l’intelligence d’arroser la population pauvre de la ville en dollars et en construisant notamment des logements. Ces familles-là garderont surtout cet aspect en mémoire et elles lui seront reconnaissantes. 

Je pense que c’est pour ça qu’il est délicat de parler de lui dans cette ville. Certains ont pleuré à l’annonce de sa mort alors que beaucoup d’autres s’en sont réjouis !


En 1991, la ville avait atteint un taux record de 390 homicides pour 100 000 personnes. 

Aujourd’hui elle est passée du statut de ville la plus violente du monde à celui de la ville la plus innovante et est parvenue à réduire de 95 % ce taux d’homicides. 
Certes ils doivent poursuivre et renforcer la transformation sociale et urbaine qui a été engagée, sans se voiler la face sur les problèmes non résolus, comme les inégalités ou la violence. 
Mais l’un des principaux atouts de Medellín c’est sa population : accueillante, gaie, entreprenante.

Pendant mon séjour j’ai également participé à un tour du centre ville, activité proposée gratuitement ! Merci à Julio pour toutes ces explications, on sent qu’il est très attachés à sa ville


Je suis aussi allée visiter Comuna 13, une favélas aujourd’hui pacifiée.

La Comuna 13 a toujours été un lieu éminemment stratégique pour tous les partisans de l’illégalité. A la mort de Pablo Escobar dans les années 1990, tous les acteurs de la violence se livrèrent une guerre sans merci pour contrôler ce territoire: la guerrilla d’extrême-gauche, qui y voyait un point de chute idéal depuis les montagnes environnantes où elle était terrée, les paramilitaires d’extrême-droite, qui pouvaient facilement cacher leurs armes et recruter des gamins des rues et enfin les trafiquants de drogue prêts à tuer tous ceux qui entravaient leur chemin. Ajoutez à cela que chacun de ses 3 groupes était divisé en plusieurs clans ennemis et vous aurez une idée du terrifiant noyau de violence qu’était la Comuna 13.

Les crimes et les règlements de compte étaient tellement nombreux que les corps finissaient parfois entassés dans l’église du quartier à défaut d’être jetés dans la rivière ou abandonnés en bord de route. Entre les tirs de balle, les cris des personnes torturées et les lamentations des familles venant de perdre un ou plusieurs proches, la quiétude n’était pas vraiment de mise.

Le pire dans tout ça, c’est que les habitants de la Comuna 13 étaient bloqués sur place car aucun moyen de transport ne les reliaient au centre-ville. Le quartier s’était peu à peu transformé en véritable ghetto. La violence était telle qu’un déplacement massif de population s’est organisé et le quartier a été vidé d’une bonne partie de ses habitants.
À la suite d’un énième affrontement une mère dont son enfant a été tué d’une balle perdue, s’est précipitée dans sa chambre, a arraché un drap blanc et l’a agité en hurlant : Ça suffit !!

Plusieurs personnes se sont également mise à agiter tout ce qu’ils trouvaient de blanc et les affrontements ont cessés.

Les délinquants ont rendus leurs armes en échange d’opportunités professionnelles, le quartier a été relié au reste de la ville et doté d’infrastructures propices au développement. Les réalisations les plus spectaculaires sont la bibliothèque, le funiculaire, qui relie le centre-ville à la Comuna 13 en un rien de temps et les escalators, qui permettent aux habitants de ce quartier bâti à flanc de montagne de se déplacer beaucoup plus facilement. Parce qu’il faut savoir que les côtes sont extrêmement pentues: le trajet qui dure désormais 6 minutes en escalators durait plus d’une demi-heure à pied et c’est pentu !

Le changement le plus frappant reste néanmoins celui de l’état d’esprit des habitants de la Comuna 13, aujourd’hui, les jeunes s’expriment à travers les graffitis colorés qui égayent les murs du quartier ou encore dans le hip-hop.

Une des grandes améliorations de la ville est également l’installation de plusieurs metrocables permettant un accès rapide aux zones retirées. C’est un gain de temps inestimable pour tous les habitants. La zone industrielles étant plutôt au nord et la zone rédisdentielle au sud, les habitants perdaient un nombre incaluculable d’heures de trajet !


Je suis aussi allée à Pueblo Paisa, où il y a une mini-réplique de village traditionnel mais surtout un point de vue du nord au sud de la ville à couper le souffle.


J’ai prolongé ma visite au Jardin botanique, lieu calme et reposant au milieu de la city


Je pense que vous l’avez compris, j’ai bien accroché sur Medellin. Il y fait bon vivre, les gens sont accueillants, ils adorent parler avec les étrangers et sont fièrs de la transformation de leur ville et de leur métro. 

Ils prennent le temps de s’arrêter dans les parcs, écoutent la musique des joueurs de rue et échangent entre eux. Mais qu’est-ce qu’on est trop renfermé en Suisse. Quand je pense à mon pays depuis ici je ne vois que des gens pressés, sérieux et fades. Idem pour nos villes grises et sans vie. Osons la couleur bordel !!!!
Une des autres choses qui m’a également frappée c’est le nombre de lieux dédiés au sport. Il a été fait un gros effort pour proposer l’accès à la pratique d’un sport pour tous. Mon auberge étant située à côté de l’un de ces complexes, c’est tout simplement génial à regarder. Des jeunes au basket jusqu’aux personnes âgées qui pratiquent l’aquagym, en passant par le foot, le tennis, etc…

Malgré que ce soit une immense ville, il est relativement facile de se déplacer avec l’utilisation des bus, metrocables et métro.

Un souvenir touchant de mon séjour sera un vendeur de rue qui fait des bijoux et qui m’acoste. Évidemment en bonne Suissesse que je suis, je lui dit tout de suite que ça ne m’intéresse pas et que je n’ai pas d’argent. Mais Il me répond qu’il veut juste discuter, me demande d’où je viens et me dit, bouge pas je vais t’offrir quelque chose. Voilà un joli pendentif et un souvenir à jamais gravé dans mon cœur ! J’ai voulu lui donner quelques pesos mais il a refusé, je suis donc partie les larmes aux yeux après l’avoir pris dans mes bras…

Autre anecdote incroyable et comme quoi le monde reste petit ! J’ai partagé mon dortoir pour 4 personnes avec Esad, un Turc de 24 ans qui a pour ambition de devenir pilote. On a beaucoup discuté, un garçon très touchant, très respectueux et très intelligent. C’est simple ça pouvait être mon fils, sa maman est plus jeune que moi !


Il se posait des questions sur la suite de son voyage en Amérique Centrale et je lui propose de s’échanger Facebook afin qu’il puisse me contacter. Là il me demande comment je connais Ibrahim (que j’ai rencontré au Nicaragua) car il a passé beaucoup de temps avec lui quelques jours avant mon arrivée ! On s’est donc fait un petit call via Messenger tous les trois : trop drôle

À mon départ il m’a dit que sa maison est ma maison si je viens un jour en Turquie. Il en est bien évidemment de même pour lui s’il souhaite venir en Suisse. 
Quel enrichissement ces rencontres de voyage !!

Et voilà le moment que vous attendez tous. Ceux qui me connaissent bien savent que je ne suis n’y une championne de féminité n’y une adepte des pistes de danse ! En principe j’assure toujours mieux au bar !

Alors voilà le résultat après 10h de cours à raison de 2h par jour. C’est pas encore ça mais j’ai adoré. Je me rends compte que ce voyage me permet de jour en jour de découvrir mon côté féminin que je n’ai cessé de cacher pour je ne sais quelle raison depuis mon enfance. Bon rassurez-vous les mecs (et Christelle) j’aime toujours la bière et le foot 🙂

Un grand merci à Guille pour sa patience et à Freedance

Je vous laisse cliquer pour admirer la grâce. C’est pas Béjart mais on y  est presque !

https://1drv.ms/v/s!AjJ5Rdx4Ig3ogn-OdikhkYNRCFpW

Guatapé

Deuxième stop en Colombie et deuxième coup de cœur ! Wouahhh que va me réserver la suite !!!

Dans les années 80, le gouvernement a inondé 50% du village et des champs aux alentours afin de créer un complexe hydroélectrique qui reste aujourd’hui l’un des plus importants de Colombie. À cette époque, il y eut un exode et le village fut en grande partie délaissé. Une communauté se créa afin de remettre en état le village et surtout de paver les rues. Chaque propriétaire apporta une contribution équivalente nécessaire en ciment pour refaire la route devant leur propre maison. Ils donnèrent aussi de leur temps pour la construction et pour rapporter les pierres non loin du village. Aujourd’hui, on à du mal a s’imaginer ce passé tellement les rues sont belles. Les maisons sont toutes peintes avec des couleurs vives et le bas des maisons est orné de Zocalos.

Ce sont des peintures en relief qui représentent l’histoire des habitants, les différentes professions de leurs occupants ou simplement des formes géométriques. Il y en a pour tous les goûts et de toutes les couleurs.

Le village n’est pas très grand, mais on peut passer des heures à flâner dans les rues, s’imprégner de la sérénité du lieu. 

J’y ai aussi fait une visite très intéressante d’un artisan-bijoutier qui travaille l’argent et de son frère qui travaille le cuivre. J’ai trouvé ces bijoux magnifiques, on se met à discuter, je lui explique que j’adore travailler de mes mains et que je serais heureuse d’apprendre son métier. Là il me répond qu’il enseigne et transmet son savoir avec plaisir. Il m’explique qu’il a déjà formé plusieurs personnes dont une Allemande qui a ouvert son atelier. Il me dit qu’il faut compter entre 4 à 6 mois pour être formée, cela dépend évidemment de la façon dont on se débrouille. Vais-je rentrer pour mieux repartir en vue d’une formation….qui sait !

Lorsque vous êtes à Guatapé, la principale attraction touristique est l’ascension de la Piedra del Peñol. C’est un rocher (monolithe) de 220 mètres de haut qui vaut le coup d’être vu et qui est même classé comme monument national par la Colombie.


Avant d’arriver au sommet il faut gravir les quelques 740 marches du rocher…


Cependant une fois arrivé en haut on oublie vite tous les efforts que l’on vient de fournir tellement la vue est splendide. On prend alors conscience de l’inondation, et je suis subjuguée par toutes ces petites îles formées au milieu du lac artificiel. On dirait un archipel et il parait que l’on peut voir la croix de l’ancienne église maintenant sous l’eau. À vrai dire, c’est tellement grand que je n’ai pas su où regarder, une sorte de « Où est charlie ? » 🙂





Je crois que je peux affirmer haut et fort que c’est l’une des plus belles vues qu’il m’a été donné de voir dans ma vie (après le Cervin bien sûr :-))

Demain je pars pour l’île de Providencia à l’assaut, j’espère, de nouveaux fonds marins.


4 réflexions sur “Medellin – Guatapé

  1. Merci ma belle pour ces reportages magnifiques et continue de bien profiter de tous ces pays splendides. Chez nous retour de l’hiver mais le printemps viendra à son heure. Gros bisous Michelle Ruffieux 15, rue H-F-Amiel 1203 Genève michelle.ruffieux@bluewin.ch 079/768.43.25 ou 022/345.43.92

    >

    J’aime

  2. Oh ma grande !
    Un immense Merci pour tous ces partages !
    Je te vois tellement heureuse et tu rayonnes !
    Tu respires le bonheur !
    Bravo pour le cours de danse ….mais admets que le professeur est très beau !
    Tous mes vœux pour la suite de ce périple !
    Gros bisous ❤️🎶😘😘

    J’aime

  3. Et bien que d’émotions. Tu arrives si bien à me transmettre tes émotions et du coup j’ai l’impression quelques instants que je suis avec toi. Tu es magnifique quand tu danses, enfin tu es magnifique simplement.

    J’aime

  4. Tu peux écrire un roman, tu sais tenir ton lecteur en halaine, j aime te lire ! Et j aime aussi te voir ! tu es resplendissante sur les photos et épatante sur ta piste de dance 😉. Ton voyage te vas bien ! Mais me réjouis aussi de te voir. Profite un max 😘

    J’aime

Laisser un commentaire