Amazonie équatorienne

Où comment vivre une semaine dans une communauté Shuar peut te transformer …

C’était bien stressée et apeurée que je me suis rendue à 

Dans une communauté Shuar de la région de Puyo en Amazonie équatorienne. Mais comme ce voyage est aussi le but de me surpasser j’ai pris mon courage à deux mains.

J’ai tout de suite été super bien accueillie et intégrée dans la famille. Il faut dire qu’Ernesto à 23 enfants avec 2 femmes différentes (ici avec celle avec qui il a eu 11 enfants)

Je découvre mon logement

Et je fais la connaissance de Sebastian, un des fils d’Ernesto qui sera mon guide pour cette semaine et qui va partager avec moi toute sa connaissance de la Selva !

On me prête une paire de bottes, indispensable dans cette région. Sebastian me peint une première fois le visage avec un fruit d’un arbre afin que je sois intégrée avec la selva et en signe de bienvenue dans la nature.

Nous partons en fin d’après-midi pour une première ballade jusqu’à un point de vue. Très rapidement je reçois plein d’informations concernant toutes les plantes, arbres et fruits que nous rencontrons en chemin. Il m’est impossible de tout retenir mais je suis impressionnée par tant de connaissance !

Le lendemain c’est jardinage avec Ernesto, sa femme et Karina une de leur fille qui sera ma cuisinière attitrée pendant mes prochains jours dans la selva.

Je récolte du manioc et nous préparons la chicha. C’est leur boisson de référence, ils en boivent tous les jours, alcoolisée si fermentation ou avec jus d’ananas par exemple !

On m’explique le programme du lendemain, je pars pêcher au bord du Rio Pastasa avec Karina, Ernesto, Sebastian et son demi-frère Jaer (de l’autre famille donc)

Occasion d’une première expérience avec un scarabée. Ça les fait bien rigoler que j’aie peur des araignées mais je prends sur moi et nous marchons à travers la jungle

En route on récolte bananes, citrons et je mastique plusieurs plantes avec pleins de vertues différentes

Voilà pas de sentier balisé, nous marchons à travers la jungle et si le chemin n’est pas très pratiquable on l’améliore avec une machette

Nous arrivons au campement juste avant la pluie qui va malheureusement durer toute la journée et la nuit, donc compromettre notre partie de pêche. Les hommes installent quand même un filet de pêche mais la récolte sera maigre 🙂 nous nous partagerons un poisson !

Préparation du feu, du repas et système D pour récupérer l’eau de pluie

Je vous le disais ce voyage me change beaucoup mais imaginez cette semaine ! Moi qui suis en général très peureuses des insectes, je marche dans la forêt en ramassant tous les deux mètres des toiles d’araignées, je mange avec les doigts sales dans des assiettes et verres lavés à l’eau de pluie. La nourriture contient certainement quelques protéines qui n’étaient pas prévues au départ et pourtant je vis ces moments pleinements, calmement et sans stress. Au contraire, je me sens super bien !


Après le repas nous snifons du tabac humide et fumons du tabac séché. Prêts pour la nuit à même le sol dans la cabane et pour les toilettes c’est dans la nature. 

Le lendemain retour sous la pluie mais c’est pas grave la météo ne peut me gâcher ces souvenirs !

On en profite pour se faire un petit masque à l’argile. J’espère que vous remarquerez comme je parais plus jeune sur les photos suivantes 🙂

À peine le temps de passer une nuit au campement que je repars deux jours dans la jungle pour découvrir d’autres plantes et d’autres expériences…

Je repars cette fois-ci avec Karina, sa fille Kaina et Sebastian.

Sebastian me fait goûter un petit fruit vert accroché à une feuille de limon (citron). C’est super bon, bien le goût citronné. Ensuite il me dit tu veux voir ce que tu as mangé, évidemment en rigolant ? Je ne suis pas très sûre mais il ne me laisse pas le choix…. et là, de petits insectes à l’intérieur…Ok je me dis c’est pas grave, tout ce qui rentre fait ventre !

Encore l’occasion de goûter des fruits tous meilleurs les uns que les autres, ainsi que de se parfumer en écrasant des feuilles d’arbres, etc…

J’ai oublié de vous dire que cette famille à un énorme sans de l’humour. Bien sûr qu’ils savent être sérieux quand il faut mais autrement c’est plaisanterie sur plaisanterie et j’adore ça vu que je suis la même ! Sebastian ne se souvient jamais de mon nom alors je suis Milady 🙂

On arrive à un endroit où ils m’expliquent qu’on fait un stop. Avec sa manchette Sebastian ouvre un arbre au sol et creuse à l’intérieur pour en sortir

Et il le mange….

Il me dit à ton tour….

Je vous laisse découvrir comme quoi l’humain peut se surpasser….je n’aurais jamais imaginer faire ça un jour dans ma vie, et ceux qui me connaissent bien auront de la peine à le croire ! 

Cette vidéo est magique car je ne sais pas qu’il filme, je crois qu’il attend pour faire une photo au moment où je serais décidée. C’est à ce jour mon plus beau souvenir de voyage.

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Nous continuons à marcher dans la jungle, toujours avec calme, tranquillité, ils me font partager leur quotidien. À un moment je suis submergée par l’émotion de vivre de pareils moments en leur compagnie. Je suis une putain de chanceuse, tu te rends compte qu’ils ne possèdent quasi aucun produit de consommation et qu’ils sont heureux. Tout ce qu’ils consomment vient de la nature. La selva est leur supermarché et leur hôpital. Je suis admirative de ce mode de vie.

Nous arrivons au campement et je prends un moment pour moi pour évacuer ce trop pleins d’émotions.

Pendant que Karina prépare le repas nous partons les trois chercher des feuilles de bananiers pour rouler le tabac pour ces deux jours.

Comme dis dans la précédente vidéo, cuisiné c’est meilleur ! Et je confirme, c’est même super bon avec un peu de sel !

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Petite pause après le repas, nous en profitons pour rouler notre tabac

Et comme maintenant je suis une guerrière, j’accepte même que Sebastian me pose une petite araignée (oui petite chaque être humain à ces limites, faut quand même pas déconner !)

L’après-midi on part une première fois pour la cascade sacrée. Le chemin est pentu, ça glisse pas mal, à deux endroits nous devons même descendre (et remonter) avec l’aide  de cordes. Mais ça valait la peine, l’endroit est super et l’eau pas si froide !

Nous rentrons et soupons tôt ce soir car cette nuit le réveil sera à 3h du matin pour un rituel de purification.

Nous allons boire une tisane nommée Guayusajusqu’à ce que tu vomisses 3X (c’est seulement l’eau qui rejaillit de ton corps 3X). Ça purifie ton âme et ton corps. Ensuite on attend le lever de soleil et on repart à 6h du matin à la cascade. 

On se pose un instant près de la cascade, on snife à nouveau du tabac humide et on fume du tabac séché. On se sent bien et vidés de toutes les énergies négatives qui faisaient partie de nous !

Nous rentrons et avant le déjeuner nous plantons un bananier chacun et une autre plante.

Sebastian me dit que mettre une plante en terre c’est écrire un livre, car c’est une nouvelle histoire qui commence. La grande sensible que je suis lâche à nouveau quelques larmes, mais je me souviendrais à jamais de ce moment.


 

Après le déjeuner nous partons ensuite pour une séance de pêche avec canne à pêche naturelle !

La journée est loin d’être terminée. Repas typique de poissons sauce légumes, riz et cœur de palmier présenté dans une feuille et l’on mange avec les doigts.

La soirée se poursuit avec musique et danse traditionnelle autour du feu 


Encore des moments magiques en toute simplicité

Pour mon dernier jour avant de prendre un bus de nuit pour Guayaquil, j’ai encore droit à une démonstration de combat d’Alex et Sebastian et même une séance de tir à la corde ! Inutile de vous dire que je suis au paradis.


Encore quelques photos de moments privilégiés et il est l’heure de partir. Pourquoi est-ce chaque fois aussi difficile de dire au revoir ??

Même en l’écrivant j’ai encore les larmes qui remontent !!



Cette communauté ne pratique pas de tourisme de masse. Vous êtes intégrés à la famille et on vous le répète tous les jours. Ils ont conservés leurs traditions et parlent toujours leur langue qui est le Shuar. Grâce au fait d’accueillir des visiteurs dans leur communauté ils ne sont pas obligés d’abattre des arbres pour les vendre et peuvent ainsi sauvegarder la selva si chère à leur cœur.

Si vous prévoyiez d’aller un jour en Equateur, voilà un stop obligé ! https://www.fundecoipa.com/

Après 8h de bus, j’arrive à Guyaquil et je repars directement le lendemain pour 17h de bus direction Trujillo au Pérou où m’attend un autre trajet de 7h afin de rejoindre Huaraz. A Huaraz je vais me poser quelques jours car je compte faire quelques treks dans la cordillère blanche.

Adios Ecuador, viva Peru !


3 réflexions sur “Amazonie équatorienne

  1. Oh ma belle !
    Merci de nous faire partager toutes ces émotions !
    La vidéo est vraiment merveilleuse !
    Oui ce voyage …..t’auras permis d’aller au fond de toi-même et dépasser plein d’interdits …..
    Je suis si heureuse pour toi !
    Je dis aussi merci à toutes ces personnes qui partagent un moment de leur vie avec toi !
    Tu ne peux pas mieux découvrir un pays qu’en vivant ce qu’ils vivent …..
    Je comprends aussi ….qu’il ne doit pas être facile de dire aurevoir …..telkement que chaqu’une de ces expérience est touchante !
    Quel bonheur sur ton visage et surtout dans tes yeux ! Tu es si belle !

    Ici, nous avons un assez bel été et on peut profiter des soirées ….

    A bientôt

    Gros bisous

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  2. Bravoooooo ! Tu es une championne ! Je n’arrête pas de regarder ta vidéo et à chaque fois je ris 😂
    C’est tellement toi 😘 Et quel plaisir de t’entendre parler en espagnol !

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